Une partie de pêche au broumé

Début de juillet le rendez-vous était pris. Sylvain, Hans et moi avions décidé d'aller en découdre avec les thons sur la côte méditerranéenne. C'est plein d'espoir que je n'ai pas hésité à faire 3h30 de route pour rejoindre la grande bleue. Mais ce petit déplacement de 3H n'était rien par rapport à celui que devait faire Hans puisque c'est 9H d'avion qu'il a du effectuer afin de nous rejoindre.  Nous étions sur-excités à l'idée de revoir nos amis les thons. 

Pour ce qui est de la technique de pêche, nous avons convenu que ce serait au broumé et aux vifs que nous essayerons de tenter quelques jolis thons. 

Qu'est ce que la pêche au broumé? 

La pêche au broumé est une technique de pêche à l'appât et elle tire son nom de la technique d'amorçage employée. Le broum ou broumé est en réalité un nuage de poissons broyés. Dans la majeure partie des cas, ce sont des sardines ou des maquereaux qui sont utilisés car ce sont ces espèces pélagiques que le thons recherche pour se nourrir. Ces deux espèces ont la particularité d'être des poissons "gras", c'est à dire avec une chair très huileuse et avec une odeur naturellement très forte. 

Lorsque les poissons sont broyés, on obtient une amorçe ( ici appelée broumé) qui va se disperser dans l'eau en créant un nuage de morceaux de poissons, d'écailles et d'huile. avec un amorçage régulier, le nuage créé alors une "trace" qui dérive au grès du courant. Plus la trace est longue et continue, plus les thons ont de chances de la croiser et de remonter cette dernière jusqu'au bateau. 

C'est tout les trois en proie à une vive excitation que nous avons chargé le matériel sur le bateau. Les cannes étaient prêtes et ont été chargées dans le bateau avec les 25kg de sardine nécessaires à la réalisation du broumé. Une fois tout le matériel vérifié, nous avons enfin larguées les amarres afin de faire route vers le grand large. 

La première étape de cette journée était dédiée à la recherche de vifs pour notre partie de pêche. Nous avons donc fait route vers une épave afin de pêcher les quelques maquereaux qui feront office de vifs. Armés de petits jigs métalliques, les touches ne se sont pas fait attendre et nous avons pu rapidement faire le plein de vifs. Nous nous sommes donc éloignés des côtes et ce jusqu'à une distance de 6 milles marins. 

Qu'est ce que le "mille marin"? 

Le mille marin est l'unité de distance employé dans le secteur maritime. Sur l'eau et en mer, les distances ne s'expriment pas en kilomètres mais en milles marins. Cependant, ces unités sont des données métriques. 1 mille marin correspond à 1852 mètres, soit 1 kilomètre et 852 mètres. Lorsque nous sommes à 6 milles, nous sommes donc à (6x1852)= 11 112 soit 11 kilomètres et 112 mètres des côtes. 

Une fois sur place, nous nous sommes répartis les rôles. Sylvain montait soigneusement les cannes pour éviter tout risque de casse durant le moment fatidique et je devais oxygéner les vifs et commencer la trace de broumé. Quant à Hans... il dormait. Complètement épuisé par le décalage horaire et par le manque de sommeil, le pauvre était en train de dormir paisiblement à l'avant du bateau. Mais le réveil promettait d'être brutal et soudain! 

 

Alors que Sylvain continuait patiemment la préparation des cannes, j'ai cru apercevoir un remous en surface, à une cinquantaine de me seulement de notre bateau. Ais je rêvé? Dans le doute, j'interpelle alors Sylvain en lui disant de regarder dans la direction de ce mouvement d'eau suspect. 

C'est alors que le moulinet de la canne de gauche se mit à hurler ! BBBBiiiiiiiiZZZZZZzzzzzzzzzzzzzz

J'ai hurlé "DEPART! DEPART! DEPART!" 

Hans fut réveillé en sursaut et Sylvain, sortie brusquement de ses montages et de sa concentration extrême semblait légèrement paniqué.

Au moment du départ, le thon est parti en ligne droite, mais il est revenu sur le côté du semi-rigide et il a sondé sous le bateau. La tresse s'est alors dangereusement rapproché des boudins du bateau. Elle a même commencé à couper le liston de protection . Par chance et grâce à un gant, nous avons pu la faire ressortir du caoutchouc et nous avons repris le combat. 

Sylvain, capitaine du bateau, m'a fait l'honneur de me mettre derrière la canne pour ce premier départ. 

Au bout de 25minutes de combat et après de nombreux rushs tout en puissance, le poisson a rendu les armes. C'est un poisson mesurant 1m45 et pesant une petite cinquantaine de kilos que nous avons eu la chance de contempler. 

Nous étions tous heureux de relâcher ce petit thon à l'eau. 

 

 

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